vendredi 10 novembre 2017

(Lecture) Le gang des rêves - Luca di Fulvio



Une Italienne de quinze ans débarque avec son fils dans le New York des années vingt... L'histoire commence, vertigineuse, tumultueuse. Elle s'achève quelques heures plus tard sans qu'on ait pu fermer le livre, la magie Di Fulvio. Roman de l'enfance volée, Le Gang des rêves brûle d'une ardeur rédemptrice : chacun s'y bat pour conserver son intégrité et, dans la boue, le sang, la terreur et la pitié, toujours garder l'illusion de la pureté. Dramaturge, le Romain Luca Di Fulvio est l'auteur de dix romans. Deux d'entre eux ont déjà été adaptés au cinéma; ce sera le destin du Gang des rêves, qui se lit comme un film et dont chaque page est une nouvelle séquence.

Il est bien rare de moi de succomber à l'appel d'un livre qui a déferlé sur la blogosphère et fait l'unanimité. Souvent, j'attends que le soufflé retombe, car l'enthousiasme de chacun fait que pour moi, c'est un rendez-vous manquer. 
Mais pour une fois, aller savoir pourquoi, je me suis laissé tenter et grand bien m'en a pris !

Cetta, une adolescente de 15 ans débarque en Amérique, avec dans ses bras son fils, Natale, né d'un viol. Elle rêvait d'une vie meilleure qu'en Italie, pour son fils et elle-même. Cependant, le rêve américain lui fait faux bon. Elle devra tomber bien bas pour survivre et donner toute les chances à son fils qu'elle aime passionnément.
Les années passent et Natale devient un jeune homme bon, courageux et un jour, il vient en aide à Ruth une jeune fille, qui se fait agressée. Notre jeune Natale tombera follement amoureux de cette jeune fille, mais le destin, une fois de plus décidera de s'en mêler. 

Ce roman de plus de 700 pages est un bijou de littérature ! Qu'on se le dise, c'est un coup de cœur pour moi (comme pour beaucoup de lecteur). Quelle histoire ! Que d'aventures ! Et quels personnages !  
Ce roman est bien trop dense pour être résumé, d'autant plus que je ne souhaite pas trop vous en dire. 
L'auteur nous invite à découvrir le Manhattan des années 20, celui de la mafia, des gangster, du cinéma et de la radiophonie. Il dénonce également le sort de ceux qui vivent dans les quartiers pauvres, mais aussi des gens de couleurs qui subissent (déjà) des outrages inhumains, ainsi que la conditions des femmes et de la violence qui leur est faite. 
Luca Di Fulvio nous invite, au côté de ses personnages, à être confronté aux rêves brisés, à l'espoir anéanti mais à toujours garder force et courage, car cela paye et surtout permet de toujours continuer à pouvoir se regarder en face, sans honte. 
Quand je vous disais que c'était un livre dense ! 

L'écriture est fluide, douce, violente parfois à la limite du sauvage. Mais l'auteur ne cherche pas à nous faire pleurer, non. Pour lui, ce roman est un cri, un hommage à tous ses hommes, femmes qui se battent pour leurs rêves dans un monde qui cherche à tout détruire, à tout anéantir. 

Les personnages...quelle galerie éblouissante ! On en aime certains passionnément et l'on en déteste d'autres. On se laisse entraîner dans un tourbillon dont on sort épuisé et pas indemne. 
Natale (ou Christmas) est un personnage attachant, que j'ai aimé tout de suite. J'avais l'impression, tout au long du récit, d'être sa mère. Je voulais le protéger, l'encourager, le pousser à se battre pour ses rêves. 

Ne vous laissez pas impressionner par la brique. Ce livre se lit seul, rapidement. Tout coule de source et vous serez, comme moi, tellement happé par cette histoire, que vous vous surprendrez à avoir du mal à vous coucher tant vous souhaitez rester avec ces personnages. 
Luca Di Fulvio signe ici un chef d'œuvre véritablement et je souhaite de tout cœur, qu'il soit reconnu comme tel ; car rare sont les romans qui laissent un tel sentiment en fin de lecture ! 

3 commentaires:

  1. Une lecture que j'avais bien aimé, malgré quelques longueurs.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui quelques petites longueurs, mais honnêtement, elles ne m'ont pas plus dérangées que cela (à peine si je les ai remarquées) tant l'histoire est prenante et les personnages attachants.

      Supprimer
  2. Je suis comme toi, en général, je ne cède pas aux livres qui ont fait sensation ou alors, bien après. Bon, j'avoue, quand le sujet m'intéresse, m'interpelle, je me laisse tenter... parfois, faire son petit mouton a du bon. ;)
    La dernière en lecture en date, pour moi, d'un roman phénomène, c'est La part des flammes, de Gaëlle Nohant, dont tu as dû entendre parler. Des critiques dithyrambiques, des coups de coeur en pagaille et un sujet effectivement on-ne-peut-plus intéressant puisque l'auteure situe son intrigue dans le Paris de la fin du XIXème siècle et met au centre de son récit un triste événement : l'incendie du Bazar de la Charité, en mai 1897. Ce roman avait tout pour me plaire et je l'ai beaucoup aimé mais, alors que je partais dans l'optique d'être totalement emportée comme beaucoup d'autres lectrices, je suis restée sur ma faim, notamment à cause de la deuxième partie, où mon intérêt est considérablement retombé.

    Du coup, maintenant, je suis peut-être encore plus méfiante envers ces livres que l'on voit partout et dont tout le monde parle. J'ai cédé à L'Amie Prodigieuse mais aussi au Gang des Rêves. Ils ne sont encore lus ni l'un ni l'autre. :) Je vais essayer de partir sans aucune attente, en essayant au maximum d'oublier les super bons avis même si c'est difficile. En ce qui concerne Le Gang des Rêves, ton avis ne me surprend pas et je me dis que ce Luca DiFulvio doit être un sacré bon romancier pour susciter autant de bons avis et qu'il faut quand même que je me lance, histoire de ne pas risquer de passer à côté d'un gros truc ! :D

    RépondreSupprimer

Merci de votre visite, à bientôt !