lundi 19 février 2018

(Lecture) La lettre à Helga - Bergsveinn Birgisson



Au seuil de sa fin de vie, Bjarni - fermier islandais - décide de rompre le silence et d'écrire une longue lettre à son grand amour perdu, Helga, sa belle voisine. Il y raconte l'existence qui s'est écoulée, de l'après-guerre à nos jours, les temps qui changent, la solitude glacée, mais surtout livre le secret d'une âme simple et le regret qui la torture : n'avoir pas su rompre avec son mode de vie immémorial en fuyant avec elle à Reykjavík. Bouleversante, brûlante et souvent drôle, cette Lettre à Helga est aussi prétexte à l'évocation d'un monde révolu : celui d'une vie paysanne traditionnelle islandaise qu'anime une âme pétrie de lectures bibliques et de légendes, entre mer et glace. 

Je viens de vivre un moment de poésie inoubliable. Un moment intense qui m'a bouleversé sur plusieurs niveaux : émotionnellement par rapport à l'histoire de Bjarni et de ce qu'il nous raconte dans cette longue lettre, que par rapport à l'émotion que j'ai ressentie littéralement parlant face à une plume des plus magnifique et bouleversante. 

Bjarni est un éleveur de mouton dans la campagne islandaise. Au soir de sa vie, Bjarni écrit une longue lettre (qui raisonne telle une confession) à Helga son grand amour, sa voisine il fut un temps. Unnur, la femme de ce vieux paysan attaché à sa terre, à son village et à ceux qui y vive, est morte après cinq ans de longue souffrance. Helga quant à elle a perdue son époux il y a un an, d'un cancer. 
De retour dans sa maison, pour des vacances, la fenêtre donnant sur l'ancien jardin d'Helga et de son mari, Bjarni devient nostalgique et décide d'écrire à la femme qu'il a toujours aimé. 

Dès les premières lignes de cette lettre à Helga, j'ai su que j'allais passer un moment magnifique tant la plume, poétique de l'auteur, parlait à mon cœur. En quelques mots, j'ai été conquise par le talent de l'auteur est le reste du récit a confirmé cela. 
Avec ce récit, on en apprend davantage sur la vie d'éleveur islandais dans les années 40. On comprend ce qu'était la vie alors, ces enjeux, ses non-dits. Bref, la vie quoi.... On découvre l'Islande, son histoire aussi. 
Cette lettre c'est aussi de l'amour à l'état pur : pour une femme, pour une terre... 
Bjarni oscillera sans cesse entre les deux, jusqu'à sa décision finale. 

Alors certes, je n'ai pas compris qu'il renonce à l'amour de sa vie, pour sa terre ! Par amour, je serais prête à tout, à tout quitter, à changer de vie... donc Bjarni m'a semblé pas si amoureux que ça, au final, mais j'ai compris aussi que sa culture, sa vie l'avait forgé différemment de moi, et que même si il avait refusé de suivre Helga, il ne l'avait pas moins aimé pour autant. 
Amour rime avec beauté, émotion mais aussi avec souffrance et, à travers cette lettre, c'est ce que l'auteur, de sa plume splendide, essaye de nous transmettre, de nous faire comprendre. 
Ce livre se déguste comme une gourmandise, il nous émeut aussi et au final, les pages défilent seules, et quand on arrive à la fin, notre cœur à chavirer, est blessé aussi, égratigné. L'amour, ce sentiment si merveilleux, si douloureux, dont aucun être vivant ne peut (ni ne veut) se passer est ici chanté avec brio. Mon cœur, mon corps en frissonnaient. 

Pour rien au monde, je ne voudrais ne plus aimer et ne plus ressentir toutes ces choses qui font que l'on se sent vivement ! Un ouvrage poignant, une plume saisissante, un lettre émouvant. Bref, un coup de cœur !


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